Gaëlle Laurier

Auteur de romances

Découvrez mes univers


En savoir plus

Facebook Twitter Instagram Wattpad Fyctia Scribay Imaginae Booknode




La cavale - 2


Séraphin.

Devrais-je retourner tout Paris, je le retrouverai. Simone était sous le choc d’avoir perdu de vue Alexandre et d’après quelques témoins, c’était deux enfants qui auraient quitté les lieux. Et forcément, l’un d‘eux était une fillette blonde. Pourquoi me doutais-je que cela finirait mal ? Que forcément, il allait se passer quelque chose.

J’envoyai Gaston qui m’avait accompagné afin qu’il prévienne les secours officiels. Quant à moi, je pris directement le chemin de la demeure de cette Madame Lonmour, anciennement de Valle ou que m’importait. Mais si elle y était mêlée de près ou de loin, ma réputation de jamais frapper une femme allait en prendre un coup.

Cela me rendait fou et pourtant je ne devais pas céder à la panique. Ils pouvaient simplement s’être éloignés, dissimulés sous une autre étale. Et si cela se trouvait, ils étaient simplement dans un parc à nourrir quelques canards. Annabelle devait être terrifiée à la maison, j’avais sommé Simone de rentrer afin de ne pas l’y laisser seule.

Et lorsque j’arrivai devant la maison en question, j’assistai à un véritable branle-bas de combat.

– Où est Madame Lonmour ? demandais-je à l’un des hommes en chemise se trouvant là.

– Et qui êtes-vous donc, monsieur ? Si vous êtes-vous aussi créancier, veuillez attendre votre tour comme tout le monde.

– Je n’ai rien d’un créancier, mais que se passe-t-il ici ?

Il m’expliqua que les meubles étaient sur le point d’être annotés afin d’être mis aux enchères. Madame et sa fille quittant la ville dès demain matin. Et, apparemment, laissant quelques dettes derrière elles. Le Duc leur avait-il fait faux bond ? Devais-je en conclure qu’ils avaient tous deux fugué parce la petite Angèle quittait la ville ? Et pourquoi partir avec elle subitement ? Comment Alexandre l’avait-il su ? Et toutes ces questions pointèrent vers une réponse pourtant évidente. Ils s’étaient forcément revus depuis, et ce, malgré nos interdictions.

J’allai trouver la mère et lui annonçai sans prendre de gants que sa fille courrait les rues. Elle parut plus en colère que réellement inquiète. Décidément quelle famille exemplaire !

– La garde a été avertie, madame, et je me charge de mon côté de retrouver mon fils qui se trouve avec elle. Ensuite, j’espère que votre nom ne viendra plus jamais, je dis bien, plus jamais troubler les miens.

J’étais de même en colère. Contre moi-même qui aurais dû être plus vigilant, contre ce passé qui m’avait conduit la aujourd’hui, contre cette folle qui n’avait pu tenir sa petite ou au moins pu montrer de la compassion. Mais au fond, ce manque serait peut-être venu de moi-même si ce n’avait été le cas. Je revins chez moi, fit sceller mon cheval et partit fouiller les alentours. À chaque pas, la seule pensée qu’il pouvait tomber entre de mauvaises mains me tordait un peu plus les entrailles. Croiser la route d’un autre Joras le gras. Cette ordure pourrissait depuis longtemps entre quatre planches, mais c’est hélas connu, lorsque l’un disparaît, il y en a toujours deux autres pour prendre sa place. Mon seul espoir en ce cas fut que de par leurs habits proprets, on n’en réclame rançon plutôt que d’y toucher. Y toucher… Surtout ne pas songer à cela… Celui qui aurait cette mauvaise idée le paierait de sa vie.