Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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Petite Angélique, le passé appartient au passé


Séraphin.

Celui qui songe un seul instant que je n’avais donné suite à cette histoire est un sot. J’avais enquêté sur la présence de Madame Lonmour et de sa fille. Et gardai depuis, un œil sur elles. Pas l’ombre d’un Grégoire de Valle, frère de ce démon du même nom, à Paris, il avait dû rester dans ses terres. Par contre, vu l’état des comptes que j’en avais reçu, ils étaient ruinés.

Après l’exécution de Jacques de Valle, sa veuve s’était très vite remariée avec un bourgeois nommé Lonmour, d’où ce patronyme qu’elle me servit sans avoir à mentir. Cela dura quelques années durant lesquelles elles furent à l’abri du besoin mais le pauvre bougre périt suite à une mauvaise chute de cheval. Ensuite, mauvais placements, belle-famille peu conciliante à lui laisser faire main basse sur la totalité de ses biens et sans doute l’appétit de son ancien beau-frère pour ce qui est de dilapider des fortunes. Tant l’un que l’autre, ils étaient insatiables de jeux et autres frivolités coûteuses.

En attendant, sa venue à Paris signifiait bien qu’elle cherchait un nouvel époux parmi la noblesse. Elle visait bien haut. Pourtant le sud regorgeait d’hommes valables non ? À moins qu’une terrible réputation l’y entourait déjà.

Mais soit, elle avait loué une masure à deux pas de la place du marché et semblait sur la bonne voie à présent, ayant fait main basse sur un petit Duc. Petit, mais rondouillet d’après ce que l’on m’en rapporta. Au moins l’enfant ne crèvera plus de faim.

Je m’étais servi un verre de vin, m’octroyant le droit de poser mes jambes croisées sur le coin de mon bureau, calé dans le fond de mon fauteuil. Les souvenirs m’assaillant depuis le jour où j’avais entendu de nouveau ce nom maudit. Maudit pour ses victimes.

Cette soirée d’hiver ou devant un feu d’enfer, crépitant et sur quelques tapis à même le sol, nous étions devenus amants. Que le corps d’un homme peut éprouver du plaisir sans le moindre sentiment, mécaniquement et par devoir. Que j’exécrais cette période de ma vie et bénissais de tout cœur ma femme qui me permit de trouver la meilleure des raisons d’y échapper. Je ne connaissais que cette vie et sans sa présence et le besoin de l’en protéger, je n’aurais jamais pu avoir le courage de m’en défaire.

Cette femme magnifique justement qui vint à entrer me surprenant dans cette posture que j’aurais interdite à quiconque sous mon toit par pure convention. Immédiatement, j’enlevai mes pieds de la, comme pris en faute, et me redressai.

– Séraphin ? Auriez-vous prévu quelque chose pour Alexandre pour la journée d’aujourd’hui ? Voici près d’une heure que Simone aurait dû rentrer avec lui. Je suis inquiète.

– Non, rien n’était prévu. Où sont-ils allés ?

– Au marché, cela leur arrive très souvent ces temps-ci, mais habituellement, ils rentrent à l’heure. Séraphin…

Je la vis s’inquiéter tout à fait et me levai, allant déposer un baiser sur son front.

– Je vais de ce pas à leur recherche, mais ne vous en faites point. Il y a de fortes chances pour que notre gouvernante soit restée à ragoter plus longtemps qu’à l’habitude.

Mais je déchantai bien vite lorsque, arrivant sur place, je vis un attroupement autour de notre Simone. Celle-ci en pleine détresse clamant à qui voulait bien l’aider à retrouver un petit garçon perdu.