Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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Petite Angélique, des histoires de grandes personnes


Séraphin.

Si l’histoire ne m’avait pas été rapportée par ma Belle, j’aurais cru à une bien mauvaise farce provenant de quelqu’un me connaissant assez bien pour savoir quel émoi ce nom pouvait provoquer dans notre maison.

Était-ce un hasard ? Un coup du destin ? Ce nom ressurgissant du passé. Jacques de Valle aurait donc eu une fille ? Mais quand ? Non, ce devait être celle d’un parent, un frère. Il eut un frère qui l’aida à s’échapper suite à l’emprisonnement auquel il eut droit grâce à notre participation. Si proche physiquement de lui qu’il tourna les gardes en bourrique, faisant croire qu’il fut déjà au-dehors alors que des complices s’acharnaient à le libérer. Causant quelques victimes au passage. Heureusement il fut retrouvé quelques mois plus tard et finalement exécuté.

Je le savais marié, chose étonnante lorsque l’on connaissait ses penchants pervers. Mariage de conventions sans doute. Pauvre enfant. Elle n’y pouvait rien après tout. Mais quelle étrangeté qu’elle fut en contact avec Alexandre. Mieux valait que cela ne se reproduise jamais. Si l’oncle se situait encore dans les parages, Dieu sait ce qu’il pourrait faire. Il n’était en rien ignorant de mon implication dans l’arrestation et donc, de la mort de son frère.

Angélique de Valle, une petite fille aux cheveux dorés comme les siens, bien qu’un peu plus sombres. Espérons qu’avec le temps, ils deviennent tout à fait châtains. Cela lui évitera de trop lui ressembler. Au moins, elle n’avait pas ses yeux.

Nous étions Belle et moi-même dans le salon du bas, assis sur un fauteuil tremblant au rythme de ma cuisse, animée par mon anxiété. Cela faisait bien dix minutes qu’une ombre était apparue dans le couloir se tenant ensuite immobile.

– Alexandre, montre-toi plutôt que de jouer aux fantômes indiscrets.

Et sa petite frimousse apparue. Il portait cet air interrogateur, se demandant sans doute comment j’avais bien pu deviner sa présence se montra. Il faudrait que cela aussi je le lui enseigne. Oh, mais à quoi songeais-je sacrebleu ! Je n’allais pas faire de lui un espion !

– Vous parliez d’Angélique père ? C’est bien cela ?

– Assieds-toi.

– Puis-je savoir ce qu’elle a fait de mal ? Ce que nous avons fait de mal pour que je ne puisse simplement lui adresser la parole ?

Il jetait quelques œillades interrogatives vers sa mère, celle-ci me les retourna, souhaitant sans doute que je prenne ce rôle que de l’informer moi-même.

– Tu n’as rien fait de mal Alexandre et cette fillette moins encore. Il s‘agit d’une vieille rancune entre son père et moi. Le père d’Angélique était un… il aura accompli des choses fort peu recommandables et j’étais présent au moment de son arrestation. Il a été jugé et puni ensuite.

– Vous voulez dire qu’il a été mis à mort ?

Apparemment, il m’était inutile de trop tenter d’édulcorer la réalité, ce petit avait des yeux et des oreilles suffisamment partout pour comprendre bien des choses.

– Oui. Et c’était hélas tout à fait justifié, crois-moi. Comme je n’y suis pas étranger, tu comprendras donc que la maman de ton amie ne souhaite pas que vous vous parliez.

– Ce n’est pas mon amie père, je lui ai juste offert des pommes, elle avait faim m’a-t-elle dit. Mais je comprends.

Il demeura un instant songeur avant de reprendre cela dit.

– Et moi, m’interdisez-vous de lui adresser la parole ?

– Tu irais à l’encontre de ce que sa mère voudrait si tu faisais cela et imagines qu’elle l’apprenne. Il vaut mieux éviter cette demoiselle désormais.

D’ailleurs, avec un peu de chance et une surveillance plus accrue, cela ne se reproduirait plus.