Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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Petite Angélique, arrivée à Paris


Séraphin.

L’automne n’allait plus tarder à s’annoncer que nous voici de retour à Paris. Ma tendre épouse ayant de douloureux souvenirs des hivers de campagne lorsqu’elle y vivait chez son père et même si notre propriété était mieux entretenue en gardait quelques craintes. Surtout vis-à-vis de la santé de notre fils.

Fort heureusement, ses angoisses n’étaient pas plus étendues que cela. Là où certaines mères couvent leur progéniture jusqu’à les empêcher de respirer l’air pur, de jouer dans la neige et courir sous la pluie, elle lui autorisait ces petits plaisirs. Tout en restant bien emmitouflé si le temps s’avérait maussade bien entendu.

Mais Alexandre était un brave petit homme en pleine santé. Et ses aventures de cet été n’avaient fait que le renforcer. Comme je l’avais prédit, il n’eut pas le loisir de rencontrer en combat singulier ces gamins qui lui menaient la vie dure au village, mais il s’était avéré être un bon élève. Même si ce je lui avais enseigné fut fait de manière trop précoce. Annabelle fut finalement mise au courant et me bouda une interminable nuit durant.

Peu après notre retour, j’étais de passage au Louvre afin d‘y rencontrer une connaissance. Une bonne fréquentation rassurez-vous. L’attendant non loin de la Porte des Lions, je vis arriver un carrosse de piètre allure dont l’une des roues fut pratiquement voilée et l’essieu quelque peu tordu. Sans doute appartenant à une famille de bourgeois sans trop de moyens ou bien même un grand nom tout aussi pauvre. Ce n’était pas rare qu’ils tentent leur chance à Paris, cherchant un soutien, un mécène, un époux parfois afin de survivre plus ou moins décemment.

Et forcément, pas de personnel l’accompagnant afin d’aider ses occupants à en descendre. Le marchepied, me semblant suspect. J’allais donc, me permettant d’en ouvrir la porte et accueillir une dame qui souhaita en descendre.

– Merci mon brave, fit-elle avant de s’attarder sur moi. Le « mon brave » disparaissant subitement au profit de « Monsieur ».

Il ne me semblait pas connaître cette personne et, alors que je souhaitais faire les présentations, une toute jeune voix m’interpella depuis l’intérieur. Une ravissante demoiselle blonde, vêtue et coiffée telle une poupée de porcelaine, d’ailleurs, elle y ressemblait fort, me priant de l’aider à son tour. Elle ne devait pas être plus âgée que mon propre fils. Et vu sa taille, je l’y aidais avec plus de familiarité, la soulevant puis la déposant sur les pavés.

– Merci Monsieur, répliqua-t-elle spontanément et d’une voix fluette qui lui alla si bien.

– Séraphin, lui indiquais-je. Séraphin de Monllieu. Pour vous servir jeune demoiselle. Puis-je d’ailleurs connaître votre nom.

– Angélique Monsieur, me fit-elle agrémentée d’une révérence. Mais l’on m’appelle plus souvent....

– Angèle ! Viens ici et n’ennuie pas ce Monsieur de Monllieu, je te prie.

Subitement, il me sembla que sa mère eut perdu de ses bonnes manières, comme si nous étions subitement tombés en froid. Aurais-je abusé en me montrant trop amical avec sa petite à ses yeux ? Je n’avais pourtant aucune mauvaise intention.

– Audeline Lonmour, se présenta rudement sa mère afin de respecter un minimum de bienséance avant de disparaître comme si leur sécurité en dépendait. Mais décidément, ce nom ne me disait rien.