Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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L’été à la campagne - 4


Séraphin.

J’adorais cet enfant ! À n’en point douter puisqu’il s’agissait du mien ! Mais plus que cela, il possédait déjà un sacré caractère et sa tête de mule pouvait se muer en une qualité bien utile, la persévérance.

De retour au logis, il me fallait expliquer notre disparition à sa mère, je ne lui en avais touché que quelques mots et elle comprendrait bien vite que nous n’allions passer notre temps à observer les oiseaux dans les bois.

Je fis faire chauffer de l’eau afin que nous prenions un bain. La baignoire de cuivre, unique pour toute la maisonnée étant bien suffisamment grande pour nous accueillir tous deux. Il n’arrivait pas souvent que je m’occupe de lui de cette façon, comme le ferait sa mère, mais je souhaitais rallonger ce moment de complicité que nous avions eu. Et puis, Alexandre avait bien des questions en tête. Arrivant difficilement à les énumérer sans se précipiter. Il finit par me tirer plus qu’un sourire, mais un véritable rire.

– Doucement, nous avons bien le temps de t’apprendre tout cela. Chaque chose en son temps.

Il me tournait le dos alors que faisait mousser une lotion dans ses boucles brunes. Pour cela il tenait de sa mère.

– Pour commencer donc, nous allons continuer ce qui nous avons fait aujourd’hui puis nous passerons à autre chose. Je pense qu’il serait temps que tu apprennes à nager. Nous irons dans un bras de rivière toute proche, je connais un endroit excellent pour cela.

– Est-ce difficile de nager ? fit-il en tentant de tourner la tête au risque de se faire piquer les yeux par le savon. Je la lui remis doucement en place.

– Non, il faut surtout avoir confiance en soi, en ses capacités. Tu apprendras à te connaître toi-même, de faire de tes qualités de précieuses alliées et user de tes défauts à bon escient. Mais nous en sommes encore loin.

– Et cela prendra longtemps ? À connaître tout cela ?

– Très longtemps. Et je te demanderai quelque chose en échange. C’est bel et bien un moyen de te défendre que je t’enseignerai. Pour te défendre toi, tes amis ou bien de plus petits que toi, mais pas pour jouer les brutes comme ces garnements. Promets-moi de toujours n’user que de cela que pour de bonnes et honnêtes raisons.

– Promis !

Au fond, je sentais que j’allais bien trop vite avec lui, il était encore si petit. Mais ces quelques heures en sa compagnie entre père et fils n’avaient pas de prix. Et puis, si cela se trouvait, il n’aurait même plus le temps d’aller au village et n’aurait pas même à affronter ces gamins. Mais si jamais Belle l’apprenait…

– Oh ! Et pas un mot à ta mère.