Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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L’été à la campagne - 1


Alexandre, huit ans.

J’entendis la gouvernante qui m’appelait depuis une dizaine de minutes, mais non ! Je ne me montrerai pas ! Je savais qu’elle m’avait vu entrer, mais elle n’avait pas vu ou je m’étais faufilé pour échapper à sa vue. Si elle me voyait, elle verrait mon visage. Elle irait tout répéter à maman. Maman se ferait du souci. Je ne voulais pas qu’elle se fasse encore du souci.

Et père m’empêchera de retourner jusqu’au village, je devrai rester ici à m’ennuyer tout seul. Oui, il y a des livres et même le précepteur qui nous avait accompagnés depuis Paris. Mais les leçons m’ennuyaient. Maman, elle, pouvait demeurer des heures à lire des romans sans aucune gravure, mais à moins qu’elle ne fasse à haute voix, ces histoires ne me donnaient qu’une envie, m’endormir.

Simone repassa pour la deuxième fois devant ma cachette, c’était la meilleure de toute la maison. Sauf si on allumait le four à pain. Je risquais de finir tel un rôti trop cuit ! Enfin, elle quitta la pièce pour me chercher dehors. Elle parla avec mon père dans la cour, je crois. S’il me voyait avant que ma joue ne dégonfle, je serai puni. Il était si malin qu’il risquait de me trouver. J’étais sûr que lui-même avait déjà utilisé cette cachette lorsqu’il était petit. La seconde meilleure cachette était dans les écuries, surtout qu’ils avaient déjà vérifié. Père entra dans la cuisine, mais passa juste devant moi, prenant les quelques marches menant au couloir, il était parti, je pouvais sortir.

Enfin c’est ce que je croyais ! À peine le nez dehors qu’il m’attrapa par la veste au niveau de l’épaule, me tenant bien haut sur mes jambes. Lorsque je disais qu’il était malin, il fit semblant de ne se douter de rien.

– Jeune homme, nous vous avons cherché tout l’après-midi et c’est ici que je vous retrouve sortant du four à pain. Auriez-vous quelques explications valables à me fournir cette fois ?

Il remarqua mon visage, mes habits malmenés et me lâcha, montrant des signes d’inquiétude avant de redevenir sévère.

– Apparemment, vous êtes retourné au village, et ce, malgré mon interdiction. Vous serez puni Alexandre. Montez vitre dans votre chambre afin de vous débarbouiller et vous changer, vous dînerez dans votre chambre également.

– Allez-vous tout répéter à maman ?

– Pas cette fois, vous savez à quel point vous lui faites faire du mauvais sang en revenant dans cet état. Je ne veux plus vous voir apparaître avant demain. Et mettez un linge humide sur cette joue.