Gaëlle Laurier

Auteur de romances. Découvrez mes univers.

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Whole New World 1.0

Partie 12.2


Les troupes suivent les directives et les clans se forment naturellement, prenant le temps nécessaire. Je pense qu’aujourd’hui, plus que d’accueillir des connexions supplémentaires, les forfaits à la soirée vont être allongés. Le pied de la tribune d’honneur est encerclée de monde tandis que sur ce que je qualifierais de champ de bataille, deux foules se font face. C’est si… j’ignore si ce genre de chose arrive souvent dans d’autres univers, mais je trouve cela titanesque !

Mordred se glisse à terre, passant par l’aile déployée d’Hakou avant de le faire s’envoler. Tournoyant au-dessus de leurs têtes et sous les regards impressionnés de ceux qui n’avaient encore jamais eu l’occasion de le voir. Il rejoint Silas, le salue d’une poignée de main. Celle-ci dure un moment comme s‘ils échangeaient quelque chose.

Silas doit adorer ce moment le connaissant, il est tout à fait dans le genre de rôle qu’il aime jouer. Des deux côtés, les spécialités de divisent, se mettent en position. Les défenseurs à l’avant et donc Mordred d’un coté, Arthur de l’autre, en première ligne. Ils s’observent.

Ce que l’on nomme les « dealers damage » ensuite, les mages mis sur les côtés. Enfin, à l’arrière, les archers ainsi que les soins. C’est la qu’aurait du être ma place. Non, mieux, à ses côtés et non ici, en sécurité. C’est injuste.

Silas commandera les forces arrières donc et je vois Arthur envoyant Legolas faire de même de son côté. Chaque meneur sortant alors sa lame. Arthur plaçant son bouclier, protégeant son cœur chose que Mordred ne fait pas, il n’en a pas apporté. Par contre, une fois de plus, son orgueil peut se gonfler vu l’enchantement que porte son épée.

[Ton bouclier !]

[Nul besoin. Ne t’inquiète pas pour moi Nelle, OK ? On se retrouve tout à l’heure quoiqu’il arrive de toute façon non ?]

La plaine, bruyante jusqu’alors devient silencieuse. Le seigneur Uther s’avance alors avec son collègue au bord de la tribune. Je me retrouve prise entre eux à serrer la rambarde de toutes mes forces sans m’en rendre compte.

– Chevaliers, soldats et alliés. Mercenaires et autres racailles. Ici se jouent vos destins. Je déclare la guerre sur le point de commencer.

Et comme si ses mots n’y suffisaient pas, un éclair fend le ciel, ratant de peu Hakou et perçant une sorte de petit cratère en plein centre de la plaine. C’est le signal.

– Archers ! cria Silas.

– Compagnons ! le suivi immédiatement Legolas.

Et c’est une salve de flèches assombrissant le ciel qui s’élance depuis chacun des camps. Touchant des cibles ou simplement le sol aride. Du côté des chefs ennemis, l’un aura usé de son bouclier, l’autre de son souffle du dragon pour s’en protéger. Immédiatement, les soins fusent, faisant apparaître une multitude de faisceaux lumineux un peu partout dans les rangs.

Une seconde, il aura fallu une seconde avant que tous ne s’élancent. Comme dans les films tels que le remake de Braveheart, ou écossais et anglais se ruent les uns sur les autres, armes brandies et hurlant. Se rejoignant pratiquement au centre où se croisent enfin les fers.

Dans tout ce tumulte, impossible de le trouver. Je crois apercevoir quelques armures blanches, mais de l’autre côté, il y a tant d’habits sombres que je ne le distingue pas. Le bruit des coups portés se mêlant aux cris, aux ordres et autres jurons dans la foulée est assourdissant.

Combien de temps peut durer une guerre au sein d’un monde virtuel ? Des corps s’amoncellent, certains sont soignés in extremis, d‘autres n’auront pas cette chance. Je me tourne vers les visages des seigneurs absolument impassibles devant ce spectacle. N’est-ce pas un risque pour eux, pour le jeu, pour l’entreprise tout entière de compter autant de morts d’un coup ? Y ont-ils songé ?

Les soigneurs du camp des mercenaires sont alors attaqués par des mages adverses, Silas, les protègent, tuant l’un d‘eux d’une flèche. Mais le temps qu’il réalise, il en aura perdu trois. Les soigneurs sont indispensables, mais si fragiles. Est-ce pour cela qu’il ne voulait pas que je participe ? Pour me protéger ? Et lui qui le protège ?

Ah ! J’aperçois Taurin, le forgeron courir vers Silas, frappant le mage restant en passant. Ils se serrent la main puis il retourne dans la masse, tournoie sur lui-même ; un énorme marteau dans chaque main. Il a l’air si petit en comparaison des autres, mais il les fauche sans difficulté à hauteur des jambes, n’en laissant que peu en état de se relever de suite. Mais quelle est cette poignée de main mystérieuse ? À moins que… les dons d’enchanteur de Silas ! C’est ainsi qu’il les transmet ! En toute discrétion. Il fera de même avec les soigneurs restants.

Le combat est mené depuis un long moment déjà. Parmi les spectateurs, il en est qui commencent à s‘en mêler, soit en s’y joignant soit en tachant de secourir un peu hasard. Cela devient la cohue

– Il va y avoir des dizaines et des dizaines de morts ! fini-je pas laisser sortir.

– Non, juste deux. Nous n’allons pas prendre le risque de tuer la majorité du serveur, me rassure à demi Pendragon. Il est prévu que tous récupèrent leur personnage tel quel après la bataille.

Juste deux. Leurs fils. Cela a beau n’être que des personnages de jeu, les vrais êtres humains se redresseront indemnes une fois tout cela terminé tout à l’heure, la perte de mois de jeu sera difficile à encaisser. À force, l’on en vient à confondre tant le réel que l’imaginaire, les deux ayant l’importance que l’on accorde au temps consacré, aux rencontres, aux découvertes, mais pour Thomas, je sais que c’est toute sa vie.