Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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Ellipse de la Belle: Chapitre 13


Annabelle.

Ce fut le mousquetaire qui l’accompagnait qui revint m’aider à le redresser. Sa blessure s’était dangereusement ouverte et sa chemise était inondée de sang. Il appela à l’aide et un autre apparut, sembla vouloir se montrer galant envers moi, m’aidant à me relever avant tout, mais je l’en conjurai d’aider mon fiancé. Je les suivis, fébrile, et demeurai mortifiée, voyant mes ravisseurs en bas se faisant solidement attacher par deux autres encore.

L’on nous ramena au logis, ou le médecin aura tôt fait de nous y rejoindre. Ne sachant le fin mot de tout cela, il pesta contre l’attitude absolument irraisonnable de mon fiancé à vouloir monter à cheval alors qu’il devrait être au lit. S’il savait qu’aujourd’hui, il avait sauvé mon honneur et peut être même ma vie.

Tout comme quelques jours auparavant, je demeurai à son chevet, mais son état pire encore cette fois le laissa sans conscience plusieurs jours durant, me plongeant dans la peine et la crainte de ne plus jamais le voir s’éveiller. Je tentai de lui faire savoir ma présence, lui lisant quelques passages de mon livre, lui parlant comme si de rien n’était puis… par moment, au désespoir, le suppliai de s’éveiller, que je ne lui en voulais point de m’avoir caché son nom.

– Je vous aime… que vous portiez le nom de Séraphin ou d’Alexandre…

Gaston me raconta entre temps qu’il s‘agissait de son réel prénom, celui porté avant son adoption, ainsi que les conditions terribles dans lesquelles il avait vécu à cette époque. Il semblait alors avoir tant d’autres choses à révéler, mais se taira. Bien que je me doutai un peu qu’il y ait des secrets assez pesants derrière tout cela.

Entre temps, souhaitant qu’il soit fier de moi et constate que je gardais espoir et m’occupai bien de ses affaires, je trouvai une nouvelle gouvernante. Plus âgée et plus sage que la précédente. Celle-ci sembla un peu offusquée au début de nous savoir juste fiancés et vivant ensemble, mais se rendit bien vite compte que, vu son état, je veillais sur lui sans qu’il n’y ait de sous-entendus et d’actes déplacés hors mariage. Mis à part que je partageais le même lit.

Je lui demandais dès lors d’apporter chaque matin et même s’il n’y touchait pas, une grappe de raisin blanc dont il semblait raffoler, espérant qu’enfin nous puissions les manger ensemble.

Et ce fut un soir que, finalement, il entrouvrit les yeux. Affaibli. Et je ne pu que me jeter à son cou, en larmes, mais heureuse et rassurée de le voir enfin de retour.

– Belle… je dois vous avouer quelque chose…

– Je le sais. Je l’ai deviné le soir ou vous avez risqué votre vie pour moi… Monsieur de Monllieu… Séraphin…

Il étira un maigre sourire, referma les yeux et j’appelai Gaston afin qu’on nous porte de quoi manger, quelque chose de léger vu sa diète forcée. Peu à peu il reprit des forces et garda le lit de manière sure les jours qui suivent.

Nous n’étions plus qu’à quelques jours de la noce et rien n’avait été convenu finalement. Mais cela aussi, je m’en chargeai. Et alors qu’il se reposait, je fis venir de ces dames qu’il m’aura fait présenter à la cour, celles de bonne réputation cela va sans dire afin qu’elles m’aident à organiser ce jour unique. Leurs précieux conseils ainsi que leurs relations y aidant, il fut tôt fait d’avertir un traiteur, engager du personnel afin de servir et réserver la chapelle ou se tiendrait la noce, sans compter les fleurs et les invitations à faire parvenir. Séraphin m’ayant laissée libre de décider, je lui avouais préférer quelque chose d’intime et le plus chaleureux possible. Il y aurait donc nos pères, quelques amis proches, ces messieurs les mousquetaires accompagnés de la dame de leur choix et… à mon grand étonnement, son frère ainsi que sa nouvelle épouse. Mais il devait avoir ses raisons. Enfin, comble du bonheur, je reçus de la part de Madame Bonacieux, qui nous avait permis de nous croiser la première fois, une robe superbe brodée de perles qu’il avait fait faire en secret.

Entre temps, il put de nouveau se lever, mais avec ordre du médecin de ne faire aucun geste inconsidéré, voire même de repousser la nuit de noces. Bien que cela ne fut pas dit devant moi, mais je n’avais pu m’empêcher d’écouter à la porte et en pris bonne note. Sa santé avant toute autre chose.