Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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La nuit de noces


Annabelle.

Aussitôt rentré, Séraphin réclama qu’on lui fasse préparer un bain. Au grand désarroi de notre gouvernante qui, certainement, à une telle heure passée, aurait préféré dormir sereinement. D’ailleurs, depuis quand logeait-elle dans nos murs plutôt que dans l’immeuble destiné au personnel ?

À moins de passer ses nuits en toute discrétion auprès de notre cher Gaston ! Ce qui me fit grand plaisir de la savoir cajolée, mais il n’en demeurait donc pas moins que dans les alentours, je me retrouvais bel et bien la seule qui n’y goûta point.

J’étais pourtant jeune épousée, mon époux m’affirmant que je lui étais précieuse, mais… qu’avais-je fait de travers ? Où que n’avais-je pas fait ? Je profitais du moment qu’il m’octroya afin de me vêtir pour la nuit et m’observai dans le miroir sur pied. N’étais-je pas faite comme il l’aurait voulu ? Ou simplement, n’étais-je pas née sous le bon sexe. Ses attentions de tout à l’heure envers ce monsieur de Valle, tant d’intimité et ce, malgré qu’il fut tout de même son ennemi au vu de l’échéance de leur entrevue, me laissait de gros doutes. Mais contre cela, que pouvais-je y faire ?

J’allais donc me couvrir sous les draps épais de notre lit, patientant alors que l’on apportait l’eau chaude dans la pièce attenante à notre chambre et qu’il s’y plongeât.

Jusqu’où étais-je prête à aller pour me faire désirer de lui. Oui, désirer et non juste aimer. Comment se comportent les femmes qu’il aura aimées avant moi ? Comment puis-je me comporter moi-même ? Sans doute auront-elles été moins prudes et c’est ici que cette affirmation lancée par son cher frère prend tout son sens. Jamais je n’oserai aller à l’encontre de mon éducation, de cette pudeur naturelle et légitime. Jamais je ne lui donnerai d’héritier.

Et cette idée ne me convenait pas.

J’écoutai le moindre bruit, m’assurant qu’il était bien immergé, m’approchai de l’embrasure de la porte qui nous séparait et qu’il aura laissée ouverte. J’entrai et je me posai dos contre le mur pourtant froid avant de l’observer. J’avais déjà eu le loisir de voir le haut de son corps ainsi dénudé, ne fusse que lorsqu’il était blessé et ne pu qu’apprécier que non seulement son visage fut celui d‘un ange, mais que tout son être physique l’était tout autant. Mince, ses muscles légèrement dessinés, preuve qu’il sache manier l’épée et qu’il ne se fut pas privé de longs entraînements. Sa peau était claire, tout comme son regard azur. Celui qu’il portait sur moi à cet instant, interrogateur, silencieux.

Et malgré sa nudité que dissimulait à peine l’eau brouillée de savon, je m’approchai, soulevant ma chemise de nuit jusqu’au plus haut des cuisses afin d’enjamber le rebord de notre baignoire et m’y plongeai. Le tissu censé me couvrir et ainsi relevé avait tendance à flotter à la surface alors qu’il me fit place, joignant ses jambes sous l’eau.

Mais j’hésitai. De quoi avais-je l’air à m’inviter ainsi, risquant d’inonder le carrelage de la salle d’eau. Et comme s‘il lisait en moi, au moment où je songeai de me redresser et fuir encore, il me retint. Il m’attira à lui comme lors de notre nuit de noces. Ses mains s’étant glissées sous mon habit trempé, me pressant contre son torse. Cette fois, nulle excuse pour ne pas se laisser aller, mais en profitera-t-il.

– Ne m’octroyez plus l’opportunité de choisir, car je risque de ne pas trouver le courage nécessaire. Je vous en prie, Séraphin je souhaite être à vous tout comme vous serez tout à moi. Et cette nuit, faites de moi plus que votre femme, faites de moi votre amante.

Sans jamais avoir été éduquée sur ce que devait être ce moment intime, je m’étais toujours figuré qu’il ne s’agissait que d’une étreinte, quelques baisers, des caresses dans le meilleur des cas, mais rapidement terminé. Il n’en fut rien.

Il ôta mon habit trempé, m’emportant jusqu’à notre couche tout embarrassée de ne plus rien lui cacher de moi et enfin, me délesta de cette ignorance, y goûtant désormais chaque fois que nos corps s’éveillaient l’un pour l’autre. À vrai dire, durant cette première nuit ainsi que les jours qui suivirent, très fréquemment.

J’étais comblée. Un époux aimant, ayant une situation ne promettant que de beaux jours, une demeure confortable ainsi que des activités que nous partagions ensemble dès qu’il ne fut pas entraîné dans l’une de ses missions. Ni uniquement au creux de notre lit.

Très vite le printemps revint et plus que les premiers bourgeons et les oiseaux de retour des pays chauds, ce fut une tout autre chose qu’il annonça alors que depuis quelque temps déjà je me sentais fébrile et plus arrondie, j’attendais un enfant.