Gaëlle Laurier

Auteur de romances. Découvrez mes univers.

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Whole New World 1.0

Partie 3.0


Une semaine, qui m’aura paru bien plus longue que d’habitude, avant de revenir au cyberclub et de me replonger dans une nouvelle partie. Ayant reporté ce qui s‘était produit précédemment au Docteur Martin, mon psy, celui-ci m’encouragea plus encore à avancer dans cet univers. Parlant de léger, mais réel progrès, et ce, malgré ma crise d’angoisse.

J’imagine que ce traitement se voulait plus « choc » que les précédents, me confrontant aux autres, mais de manière virtuelle. Et étrangement, je ne craignais ni de sortir ni de croiser des foules dans ce monde. Du moins, je ne craignais qu’un seul et encore, aussi bizarre que cela puisse paraître, même s‘il m’effraya à vouloir battre mon perso, je n’avais fait aucune crise. D’après lui, ce devait être parce que mon inconscient était certain que je ne risquais rien. Et c’était bon signe de pouvoir ainsi m’en persuader.

Pour cette séance de jeu, je compte m’intéresser aux compétences que ce personnage posséde. Déjà bien avancé pour moi, je n’y comprend pas grand-chose. Mis à part peut-être le sort de soin et encore. J’aurais bien tenté de demander au garçon rencontré l’autre jour, mais je ne l’avais pas revu à l’accueil. Quant à Arthur et sa bande, ils n’étaient pas à l’auberge.

Je demande mon chemin et l’on m’indique une école de magie, mais à l’extérieur de la ville. Il s’agit surtout d’une sorte de bibliothèque où sont recensés tous les sorts magiques et leurs applications. Quant à moi, je dois encore choisir ma classe définitive. Étrange que le joueur précédent ne l’ait pas déjà fait. À l’aller comme au retour, j'avance prudemment, observant autour de moi, le parchemin toujours dans mon corsage et le trajet de retour en ville bien en tête. Mis à part quelques campements d’hommes lézards aux alentours, mais éloignés de la route, l’endroit était plutôt calme. L’on entend même des grillons chanter, des papillons voletant de fleur en fleur tandis que la discrète faune locale telle que les lapins se dévoilent puis filent à la moindre approche. L’atmosphère est paisible… mais ce fut éphémère !

Je vois soudainement arriver depuis les camps, un humain tâchant de courir malgré sa trop longue tunique, la remontant subitement jusqu’aux genoux afin d’y parvenir. À sa suite, trois lézards bipèdes géants le coursent. Il se dirige à toutes jambes vers la ville et, je ne sais encore pourquoi, de crainte d’en voir arriver d’autres et de me retrouver face à face sans doute, je l’y suis moi aussi.

Arrivé sur la place, le pauvre se met à tourner autour de la statue centrale afin d’éviter de se faire toucher par les armes des monstres, appelant par moment à l’aide lorsque son souffle le lui permet. Mais personne ne bouge, certains se moquant même.

– Allez-vous rester la à me regarder me faire embrocher, bougre de cyclopes édentés !

Cette insulte fut si inattendue et drôle que j’en souris, mais il se trouve toujours autant en danger le pauvre.

– Comment t’aider ? fis-je alors qu’il passait devant moi, tournant et zigzaguant toujours.

– Tu es mage non ? Alors, débarrasse-m’en au moins de l’un d’eux !

– Heu oui, mais…

En fait je ne savais que faire.

– Humaine, magicienne, sert toi du feu ! Boule de feu. Aille !

Il venait de se faire rattraper et piquer par-derrière. Et je tâche de viser le monstre comme il me l’avait conseillé. Une seule fut suffisante à mon grand étonnement. L’homme lézard fut repoussé, allant s’écraser contre le large socle de la statue au centre de la place et resta inerte. Niveau 20 ! Vraiment ?

Et alors qu’il se charge de l’un des deux autres, je réitère sur le dernier qui fila droit dans l’un des murs. Emportant avec lui deux bots passant par la et faisant s’écarter ceux qui, plus tôt préféraient jouir du spectacle en riant. Ce qui les amusa beaucoup moins du coup.