Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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Partie 2.3


Beaucoup penseraient que de dépenser de l’argent dans ce jeu uniquement pour me promener dans une ville virtuelle d’aspect médiéval est ridicule. Pourtant, je m’y plais bien et me sens plus à l’aise que dans mon propre quartier.

Un marché permanent sur la grande place, des commerçants tout sourire, des articles à profusion partout et pour lesquels je dois me retenir de tout dépenser. Il y a même des enfants jouant dans les rues ici. Du moins dans les quartiers « clairs », j’évite ceux que l’on surnomme « sombres ». Là où ils ont installé les auberges mal fréquentées, les filles de joie et quelques autres bots aux articles douteux. Même si ce n’est que pour créer un coté plus réaliste à cette ville, tout ne pouvant être parfait partout, j’imagine que ce sera là-bas en premier lieu que je risquerais de croiser un autre chevalier noir. Sans façon.

Je termine la séance à contrecœur, mon père m’ayant promis de venir me chercher vers  22 heures. Avant les couvre-feux. J’ôte et dépose avec précaution le casque et rejoins la salle d’accueil. Je dois être l’une des premières sorties, immédiatement suivies par un garçon qui bifurque directement vers le distributeur, prend un thé vient s’asseoir à la table d’à côté, mais face à moi. Il sort son portable et semble soucieux tout en y tapant quelque chose puis soupire et le pose. Tout en buvant sa canette, il me fixe puis me salue d’un sourire rapidement effacé.

– Bonsoir, fis-je timidement.

Je tourne rapidement la tête vers la vitre à côté de moi, évitant son regard. Il me semble reconnaître celui qui m’avait fait si peur en frappant du poing tout à l’heure.

Les rues sont désertes et sombres à cette heure. Une fois le couvre-feu passé, seuls les véhicules sont tolérés et encore, il y a de nombreuses vérifications d’identité. Finalement, mon père est en retard, sans doute un contrôle sur la route qui s’éternise. L’employée baille derrière son guichet, ce qui attire mon attention avant de me reporter sur mon voisin. Il semblait attendre ce genre de mouvement pour se lancer.

– Tu es nouvelle, je crois.

– Oui, c’est ma deuxième séance.

– Et ça va ? Tu t’en sors ?

– Je visite beaucoup les villes.

– Sans monter de niveau ? s’étonne-t-il. Tu n’as pas peur ? Ou bien… tu t’attendais quelque chose d’autre ? continue-t-il, intrigué.

Je hausse les épaules et secoue la tête.

– Non j’aime juste passer mon temps à m’y balader. Peut être que j’irai m’entraîner plus tard, mais je n’ose pas toute seule.

Il fini par reproduire ce même micro sourire de tout à l’heure, la bouche en coin avant de se lever et de venir s’asseoir à ma table, toujours face à moi.

– Écoute, reprend-il d’un air sérieux. Tu devrais trouver une guilde ou bien un groupe de gens. Des gens bien de préférence, et n’ayant pas une conception du jeu en dehors de la charte.

– Comme de... tuer les nouveaux venus dès leur arrivée ?

Il me refait ce sourire étrange, et me donne l’impression de savoir de quoi je parle. En même temps, vu le nombre de plaintes existantes, ce doit être difficile d’ignorer ces agissements.

– Crois-moi il y a pire que ça. Et j’imagine que tu as sans doute déjà eu des propositions pour entrer dans une guilde non ?

– Oui.

Mais comment le sait-il ? Faisait-il partie du groupe de tout à l’heure ? Je n’ai pas le temps d’oser le lui demander que j’aperçois la voiture de mon père se garant devant et me lève.

– Je dois y aller, on vient me chercher.

– Alors à la semaine prochaine sans doute ? Oh… attends, quel est ton nom au fait ?

– Nelle ! fis-je avant de sortir, ne voulant pas le faire attendre.

– Quoi c’est... c’est toi Nelle !

Il a l’air sidéré, mais je ne peux l’interroger plus longtemps, déjà l’on me klaxonne.