Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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Les bad-boys

 Publié le Dimanche 24 Juin 2018 à 05:00

Ah les bad-boys ! Je pourrais illustrer cet article d’une myriade de photos de jeunes hommes plus ou moins tatoués, musclés, dénudés. Au regard de baise, à l’air fâché de celui à qui l’on aurait volé sa tartine à midi. Ce bad-boy qui au fond à un grand cœur, est torturé par un passé sombre et que l’héroïne, par amuuur, fera changer pour une sorte de beau prince charmant. Mais toujours un peu ténébreux le prince. Non non, je ne me moque pas, je résume.

Les bad-boys existent depuis… pfiou ! L’antiquité ? Bah oui, Gwydion de La muse de Callidromos est un bad-boy gladiateur déjà. Bon heu stop la pub.

Mais au moins vous savez que je ne suis pas contre.


Un bel exemple de littérature classique : Heathcliff de Les Hauts de Hurlevent (Wuthering Heights) d’Emily Brontë publié en 1847. Ce personnage est à la fois charismatique, ténébreux, torturé et amoureux. Trop même, l’histoire se termine tristement.


Darcy d’Orgueil et préjugés de Jane Austen, 1813. Plus froid, tu meurs. Plus charismatique, c’est moi qui meurs.

    — Vous dansez, monsieur Darcy ?

    — Pas si je peux y échapper. (ah que j’adore cette réplique)*


Ils ont l’air effrayants, mais sont de gros nounours. Ou alors ils sont réellement dangereux, mais pas avec l’héroïne m’voyez. Non, il ne lui fera jamais de mal à elle (quoi que pas toujours dans la Dark romance, cela dépend). Bref, le bad-boy est un peu idéalisé et c’est bien au fond, car pour moi la littérature doit me faire rêver et ce n’est pas avec un vrai bad-boy réaliste qu’elle le fera.

 

Le vrai bad-boy

Ah il va falloir que je joue les chieuses afin d’avertir les petites demoiselles. Non, un vrai bad-boy ce n’est pas romantique. Un vrai de vrai, non. Le bad-boy réel sera caractériel (croyez-moi sur parole, j’ai hélas testé, je l’appelle désormais « mon erreur de jeunesse »). Et avait beau avoir un physique à la Brad Pitt coincé un lundi matin dans une file Pole emploi, il n’était jamais content, pourrissait la moindre chose, passait du coq à l’âne de façon violente, incapable de faire un petit plaisir (sauf après avoir fait de la peine et encore), se montrait violent dans ses propos ou pire ses actes. Si le vôtre fait de même, sincèrement FUYEZ-LE !

(En plus, il est capable de vous faire des crises pour un simple bonjour au boulanger tandis qu’il ira se taper une petite levrette le samedi avec son ex en vous sortant un « Ben quoi ? Et alors ? »)

Non mère Teresa, vous n’allez pas forcément le changer. Le changement s’il doit avoir lieu sera fera même sans vous, parce qu’il tient à vous, parce que ce n’était pas sa vraie nature. Mais beaucoup ne changent pas. Jamais.

Croire qu’il le fera comme dans votre roman favori, passant du tigre au chaton joli, c’est comme de gagner au loto. Et je vous conseille plutôt d’aller chercher un billet.

Et il y a pire que le caractériel. Car ça, c’était de mon temps, faut croire. Aujourd’hui, il y a le pervers (narcissique). J’ai lu récemment un article relatant qu’un couple sur huit en était victime (bon il tendait à dire que c’était surtout les femmes les victimes, mais petite parenthèse, je ne suis pas d’accord, je connais pas mal de femmes complètement perchées à ce niveau-là aussi, donc mesd’moiselles qui préfèrent les mesd’moiselles, faites tout autant gaffe).

Lorsque l’on pense pervers, l’on pense très vite au cliché du type louche en imperméable à la sortie de l’école. Mais ce genre-là est plus sournois. Il va se montrer très bien, surtout en société, il est même parfait, rien à redire. À tel point que nul ne comprendra votre désarroi lorsque vous finirez par vous rendre compte qu’un truc cloche. Ils sont à fuir, bien entendu, et au pas de course ! Hélas, leur attitude est si bien menée, le mal si bien immiscé que la plupart du temps (voire systématiquement en fait), vous croirez vous-même que vous exagérez, que le problème vient de vous, qu’il n’y a pas de quoi s’affoler.

Il aura une emprise sur vous, genre à la limite paranormale. Vous coupera de votre famille, de vos amis peu à peu. Il sera violent dans ses propos ou ses actes, mais uniquement à l’écart (personne ne devra le voir à l’œuvre à ce moment-là, ainsi ce sera votre parole contre la sienne). Il ne possède aucune empathie (vous êtes malade le jour où vous étiez invités chez des amis, il vous engueule !).

Attention à ne pas tomber non plus dans le schéma contraire, la paranoïa, et d’en voir partout. Une personne jalouse qui n’aime pas votre moman et vous a engueulé parce que vous avez fait rétrécir son pull favori ne sera pas forcément un pervers narcissique. Il sera ajuste fâché (et peut être n’aura-t-il pas tout à fait tort pour belle maman).

Enfin, tout ceci est succinct, car le problème du pervers narcissique est complexe. Revenons à nos bad-lovers de romans.

 

Mais pourquoi on les z’aiment ?

Parce qu’ils dégagent une aura de mystère et que c’est bien connu, le mystère est attirant. Il a une saveur d’interdit et l’interdit excite (parfois).

Parce que le beau ténébreux capable de défendre sa belle en assommant les méchants d’un seul petit doigt doit certainement être plus fougueux au lit que le petit intello rencontré la semaine dernière sur Meetic (là j’dis, vous risqueriez d’être étonnée tout de même, mais passons). 

Le côté sûr de lui également apaise et tend à faire croire à la sécurité. Il ne faut pas omettre que bien que nous vivons désormais au sein d‘une culture dite civilisée, pas mal de sentiments instinctifs demeurent en nous. En remontant loin, on peut se souvenir que la femme était prioritairement assignée à s’occuper du foyer et des enfants, l’homme à chercher de la nourriture. Parce que, physiquement, elle était moins préparée à la chasse et aux combats (bah oui, c’est comme ça). C’était à l’homme de défendre. Et donc s’épancher sur un mec qui aura tout du mâle capable de protéger sa petite tribu, un vrai un tatoué qui a pas peur ça fait pas très féministe, mais ça remonte à loin, c’est dans nos gènes. On aura beau dire, ça peut jouer.

Ou tout à fait autre chose, plus moderne cette fois. Est-ce notre côté releveuse de défit qui nous pousse. Encore une fois le « par amour, il changera ». Autant se prendre une porte dans la figure. C’est un peu comme le fantasme du jeune et beau prêtre que l’on rêve de convertir… pardon, de pervertir plutôt. Vous auriez plus de chances.

D’autres études sur la question parlent de l’enfance. Et là, c’est un peu tout et tout (non non pas d’erreur de mot). Une enfance où il aura fallu se battre pour attirer l’attention des proches et leur amour, une fois adulte (ou presque), ce sont les garçons les plus improbables qui attirent, les bad-gugusses. Au contraire, une enfance trop dorée, trop guimauve, trop chiante disons-le et la demoiselle voudra enfin prendre part au danger, ressentir des sensations fortes.

Une relation toxique a quelque chose de grisant en théorie, parce que l’on pense se dépasser, aller de l’avant. Dans les romans, il y a une évolution, souvent vers la création d’un personnage plus fort (mentalement), mais sachez que dans la réalité, c’est souvent l’inverse, on en ressort méfiante, brisée, déprimée. Gaffe donc.

Avis uniquement personnel.

 

La séduction selon Mister Bad-boy

Ou ce qu’il faut savoir pour construire son petit vilain canaillou irrésistible à soi. À prendre avec une légère dose d’humour.

Il est… inaccessible. Et la pauvre héroïne ne voudra qu’une chose forcément : lui. Même si elle se débat avec ses pulsions, c’est pire que le merveilleux à la crème derrière la vitrine du pâtissier durant la semaine de régime, il le lui faut. Et plus il ne voudra pas, plus elle voudra. D’ailleurs n’y a-t-il pas de ces passages où il conseille à la belle de ne pas le fréquenter.

« Et si c’était moi le monstre, Bella ? » Twilight Tome 1 (Ah merde ! Edward est un bad-boy !)*

Il s’est… gouré de route. Non pas sur sa Harley de la mort. Non il a fait fausse route, il s‘est engagé dans une vie qui n’aurait pas dû être la sienne. Et la seule, l’unique personne capable de l’en sortir (et le rendre heureux), c’est l’héroïne. Et même s’il gaffe à longueur de temps, c’est pas si grave, on va y arriver. Allez au taf ma puce, c’est pas gagné, ça va prendre 400 pages.

Il a… des tatouages. Oui, ils en ont tous. Moi perso, les miens n’en ont pas (ou peu). Sans doute parce que je ne fais pas de fixation là-dessus. Je ne sais pas pourquoi. Ou alors si, dans ma région les tatouages sont souvent faits par les potes avec de l’encre BIC ou je sais pas quoi, ils sont si moches qu’il n’attisent vraiment pas l’intérêt. Ça doit être ça. Mais bref, se faire tatouer, ça fait mal, il aime avoir mal, pourquoi ne pas l’épouser alors ? Ah non, ce ne doit pas être ça. Un peu plus sérieusement, les tatouages racontent des choses, généralement on ne se fixe pas une image ou symbole, des mots sur la peau pour toujours pour rien. Cela se reporte au côté mystérieux.

Il a… des secrets. Pas toujours sexy les secrets. Je sais pas vous, mais avoir été battu dans l’enfance n’a rien de sensuel. Mais passons. Le côté je vais te câliner, te faire tout oublier, raconte moi tout. Une sorte d’instinct maternel ?

Ils sont… souvent beaux. Non sérieux, si le bad-boy est laid, ce n’est pas le héros, c’est le vilain.

Ils ont... un look de feu de Dieu. La veste en cuir usé, la chemise ouverte, le débardeur moulant (trop petit ?) tendus par les muscles. Un peu genre, j’ai pas fait attention à mes fringues ce matin, ce sont de vieux trucs (mais sexy quand même). Le bad-boy a une barbe de trois jours nette et précise pour laquelle il faudrait utiliser un rasoir à lame courte spécial pour la tailler, mais ne s’entretient pas. Il se lave tout de même (sinon je en vous explique pas l’histoire au moment où viennent les rapports torrides). Penché vers l’avant sous la douche, les mains posées à plat à côté des robinets. LA posture bad-boy (moi je l’appelle la douche à la Brad Pitt. Oui encore lui). Je vous aurais bien posté une photo, mais les droits d’auteurs, vous savez…

Ils ont… confiance en eux. On revient à ce qui a été dit plus haut. Oui, ils assurent. Et l’assurance, ça plait. Ce sont des leaders, des mâles alpha en puissance, des chefs d’entreprise (ou de gang plutôt).

 

Bref, tout ça pour dire qu’aimer ce genre de littérature, il n’y aucun mal (mais vraiment aucun du tout) à cela, mais qu’il faut toujours mettre une marge (malheureusement) avec la réalité. Un peu comme les séries historiques qui s’offrent des largesses scénaristiques. Non la France n’était pas en guerre contre l’Espagne, mais contre l’Angleterre messieurs les mousquetaires. Mais on vous aime quand même.

 

* Citations faites de tête, elles peuvent être approximatives.


Allez, je vous en met une pour terminer. Et vu ce qui s'annonce, sachez que la photo provient du site pixabay (libre de droit et tout).

Derniers commentaires
Tu veux dire que s'y l'on publie par l'intermédiaire de Wordpress, Facebook nous bloque plus ? Zut alors ! Je ne fais plus que ça. Je te pique le lien de ton article, une fois de plus super interessant. Merci Gaelle de décoder (et pas déconner lol) pour nous les méandres de l'internet :) Signé : nunuche du net 2.0
— Romane Rose, le Lundi 09 Juillet 2018
Merci pour ces précisions. Je découvre que j'écris des novellas, et non des romans ! Non pas question taille, mais bien structure. Pour l'histoire des pages, je suis d'accord avec toi, cela n'a aucune importance puisque tu peux écrire en taille de police différente, interligne aussi et marge idem. J'utilise toujours le nombre de mots, je trouve ça plus parlant que le nombre de caractères :) Merci et bisous.
— romane rose, le Vendredi 06 Juillet 2018
Ah fallait que je j'me trompe, voila c'est fait, Gaffe du lundi check !
— Gaëlle, celle du blog oui ^^, le Lundi 18 Juin 2018

Commentaires


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